Ecoles privée ou publique: laquelle choisir?

Ecoles privée ou publique: laquelle choisir?

27.nov.170

Le système éducatif tunisien était connu dans les années 80 et 90 pour son niveau élevé et ses professeurs stricts, pédagogues et qualifiés. Puis, au fil du temps, nous avons malheureusement constaté des taux de réussite élevés avec un niveau dégradant. Les conséquences ont été catastrophiques pour le pays : accroissement du taux de chômage, des filières sans aucun débouché, et des jeunes maîtrisards se retrouvant à travailler dans des callcenters pour arrondir leur fins de mois et tenter de se faire une place dans la société. Dans ce contexte et aux vues de cette dégradation du niveau scolaire, les jeunes parents inscrivent leurs enfants dans les écoles privées s’ils en ont les moyens, ou tentent tant bien que mal de leur faire suivre dès la 1ère année de base des cours particuliers de soutien scolaire.

Les écoles privées tunisiennes sont de plus en plus sollicitées. Et pour cause: l’investissement sur l’éducation des enfants pour chaque famille tunisienne s’est considérablement accru ces dernières années, mobilisant en moyenne 10% du budget familial annuel selon les dernières statistiques du ministère tunisien de l’Education….

Il va s’en dire que la recherche de la qualité pour les classes sociales les plus aisées, crée toujours plus de demande, conduisant à un développement et à une diversification des activités liées à l’éducation: enseignement privé, garderies, cantines, cours de soutien scolaire, manuels parascolaires, fourniture, etc.

Ainsi, face à une obsession liée à l’excellence, un climat concurrentiel a fini par s’installer, opposant, d’un côté, un système éducatif national en pleine décadence, et d’un autre, un secteur privé de plus en plus compétitif. S’agit-il d’un phénomène de mode ou bien seulement le résultat d’un manque de confiance face à l’enseignement public? Enquête.

Une dégradation qualitative de l’enseignement public
En comptabilisant le nombre global d’élèves issus des secteurs publics et privés confondus, le nombre atteint quelques 1.046.671 en 2012, selon un rapport émanant de la Banque mondiale. Ainsi, pour les 2 millions de foyers tunisiens, l’éducation demeure un ascenseur permettant d’affirmer, par excellence, la classe sociale à laquelle ils appartiennent.

Malgré le fait que le secteur de l’éducation publique reste, jusqu’à présent, le principal fournisseur du dispositif, il n’en demeure pas moins en perte de vitesse. A titre d’exemple, le nombre d’élèves scolarisés en première année primaire a augmenté de 10% en 5 ans (2009/2013) dans le dispositif public, contre 48% dans l’enseignement privé (source : ministère de l’éducation).

La dégradation qualitative de l’enseignement public, le laisser-aller des professeurs (grèves à répétition, manque de qualification…) est pointé du doigt et les parents mobilisent actuellement, tous les moyens possibles pour se rabattre vers le privé, totalement ou partiellement.

Dès lors, un constat s’impose: le privé, considéré auparavant comme étant le refuge inhérent des élèves souffrant d’échecs scolaires, se présente aujourd’hui comme étant l’alternative somme toute logique, voire le Saint Graal de l’éducation, que tout bon parent se doit d’offrir à sa progéniture. La question qui se pose toujours:

Les écoles privées sont-elles réellement meilleures que les écoles publiques ? 
Dans le programme scolaire, quelle est la différence entre école publique et école privée ? Aucune, mis à part l’ajout de la langue française qui est enseignée dès la 1ère année avec les livres des éditions françaises (Arc-en-Ciel ou autre), alors que dans l’étatique le français commence en 3ème année. Dans les conditions et le cadre général de l’enseignement, y a-t-il une différence ? Une école privée ayant les moyens nécessaires pour offrir aux élèves de meilleures conditions d’enseignement est certainement plus confortable et plus conviviale qu’une école publique. Chauffage, classe décorée, cantines, tout y est pour l’épanouissement de nos bouts de choux.

Les professeurs sont-ils plus qualifiés dans l’une que dans l’autre ? Dans le privé, ils sont sélectionnés via des concours internes à l’école et selon leurs diplômes. Dans le publique, c’est le fameux CAPES qui a fait tant de bruit après la révolution et les concours du ministère qui font la différence. Dans les 2 cas, la pédagogie n’est pas un critère de sélection.